Coulisses #1 - Mon livre était rouge de corrections

Vous vous souvenez de votre copie de français, couverte de stylo rouge ?

Moi, c’était mon cauchemar.

Et je viens de revivre ça. 😱

Quand on envoie son manuscrit à un éditeur, il passe entre plusieurs mains. Après le travail éditorial vient la relecture minutieuse : les coquilles, l’orthographe, la typographie…

Et la typo, ça ne plaisante pas.

Après un guillemet français, une espace. Avant un point d’interrogation, aussi. Les majuscules ? Un truc horriblement compliqué. On écrit Assemblée nationale avec un grand A, mais un petit n.

Bref.

J’ai travaillé à la communication d’un grand groupe. Et j’ai été formée par une personne qui, elle-même, avait été formée « à la dure ». Elle ne me passait rien et se référait sans arrêt à sa « Bible du typographe ».

Alors, vous pensez bien que, quand j’ai envoyé mon manuscrit, j’ai pris soin de TOUUUUUT relire. Les espaces, les majuscules, les notes de bas de page. Et évidemment, l’orthographe.

Celles et ceux qui me connaissent savent que c’est super important pour moi.

Alors, imaginez ma surprise quand j’ai ouvert le document...

TOUT ÉTAIT ROUGE !

Retour à la case lycée : « C’est nul, à refaire. » 😱

[Oui, parce qu’au lycée, j’étais nulle en français. Enfin, c’est ce que je pensais. Au point d’être convaincue que je ne savais pas rédiger. J’ai fini par me contraindre à écrire un blog, puis à accepter un poste en communication pour renouer avec l’écriture.

Mais je m’égare.]

Je referme le document, submergée par la lassitude.

JAMAIS je n’arriverai à tout vérifier, ça va prendre trop de temps. Je ne me sens pas. Est-ce que je dis « OK » sans relire ?

Heureusement, mon éditrice m’aide à découper la montagne en petites pierres.

— Regarde d’abord les commentaires.

Ah ! Il n’y en a que quatre.

— Tu vois, rien d’important ! Le reste, c’est de la typo.

Oooooouf !

J’ouvre donc les commentaires.

Deux vérifications de références, une question sur un point de détail et un point sur lequel la relecture n’est pas d’accord avec moi.

Ça va vite.

Bon. Maintenant, la typo. J'y vais quand même.

Et là, je découvre des trucs de dingue.

J’ai consciencieusement mis des espaces après les guillemets, avant les signes de ponctuation… Sauf que la plupart doivent être insécables ! [En gros, elles empêchent que le signe de ponctuation se retrouve tout seul au début d’une ligne.] Évidemment, j'ai mis des espaces normales (parce que je ne sais pas faire autrement)

[Au passage, j’apprends qu’en typographie, on parle d’une espace, et non d’un espace.

C’est féminin. Oui, oui...]

La pauvre relectrice ! Elle a dû passer un temps fou à tout changer. Je la plains. 😅

J’apprends aussi qu’un titre ne se termine jamais par un point (ni pas un « deux-points » non plus d'ailleurs). Qu'on n'écrit pas 2ème mais 2e. Qu'on place un espace avant les points d'interrogation, d'exclamation ou les points-virgules. Mais cet espace doit être plus petit qu'un espace normal pour ne pas couper la ligne visuellement. Que les listes numérotées prennent des majuscules... mais pas les listes à puce (va savoir pourquoi). Bref, que la typographie française a décidément beaucoup plus de règles que je ne le pensais.

Et puis, je découvre qu'elle a changé certains mots dans ce que j'ai écrit.

Là, je suis moins d’accord.

Par exemple, elle a remplacé mon « Hep hep hep ! » par « Attention ».

Ah non ! J’ai une écriture plutôt orale. Mais c’est la mienne ! Je refuse qu'on corrige ces tournures. Alors, je reprends le document. Je relis. Je rétablis mes phrases.

Non mais ! 😈

Et voilà. Je renvoie le document corrigé.

Une étape de franchie !😇

Prochaine étape : le titre.

Et là, je sens que je ne suis pas au bout de mes peines… 🤪